Jean-René Robin : la cheville ouvrière du projet triglaz

TriGlaz est en marche. Le chantier du centre de tri de Plouédern a commencé le 3 septembre. Le 31 octobre, date de la pose de la première pierre, c’est pourtant un petit caillou qui va être apporté à l’édifice. Difficile de s’en rendre compte tant les wagons semblent aujourd’hui solidement posés sur les rails, mais le projet est né… il y a 5 ans. Les étapes furent nombreuses.
Pour les franchir, c’est Jean-René Robin qui a pris les commandes. Le directeur d’exploitation de Sotraval a été désigné chef de projet du centre de tri de Plouédern. Les wagons, un à un, il les a accrochés à une locomotive : la volonté partagée des actionnaires de Sotraval de se doter d’un outil industriel commun, au carrefour du Nord Finistère. Pour La TriBune, il raconte ces dernières années, entre étapes administratives et expertises techniques. « C’est du 50/50 », précise-t-il avant de commencer.

 

En 2007, BMO nous a confié l’exploitation intégrale du centre de tri des emballages ménagers du Spernot. Déjà, à l’époque, nous constations la saturation du site. Nous avons alors couché sur le papier les premières hypothèses d’un nouvel outil. Cette réflexion est restée en stand-by jusqu’en 2009.

Pour faire ce travail, il faut savoir de quoi on parle

Fin 2009, nous relançons la machine. En mai 2010, nous présentons, pour validation, un avant-projet devant le Conseil d’administration de Sotraval. Quelques semaines plus tard, en juillet, nous lançons l’appel à candidatures. Sept candidats y répondent. Quatre seront retenus en novembre. Le cahier des charges leur est remis le 29 décembre. Ce même mois, nous créons un groupe chargé d’analyser les réponses. Il est composé de techniciens. Parmi eux, ceux de Brest métropole océane. Un jury d’élus des collectivités actionnaires de Sotraval et de personnes qualifiées est également constitué. C’est ce jury qui, in fine, désignera, le candidat-élu.

Le 28 février 2011, nous recevons trois réponses. Après leurs auditions, le jury fait son choix fin avril. Hofmann, l’Italien, spécialiste des process « nouvelle génération » est le candidat désigné pour la conception du futur centre de tri de Plouédern. Le marché est signé le 13 juillet 2011. En août, nous déposons une demande d’autorisation d’exploiter ; en septembre, le permis de construire. Fin d’année, nous déposons des demandes de subvention auprès de nos partenaires et obtenons le permis de construire.

En mars 2012, après modifications, notre nouveau dossier est déclaré recevable par la Préfecture. C’est la fin du parcours administratif. L’enquête publique aura lieu en juin. À son terme, nous apportons les dernières réponses au commissaire-enquêteur sur le projet. Son avis est favorable. Les travaux vont pouvoir enfin démarrer.

La mission touche-t-elle à sa fin ?

Pas du tout. Sur le chantier, je suis le représentant du maître d’ouvrage. Pour contrôler l’avancée des travaux, je pilote une réunion par semaine. Au quotidien, je règle les détails, impose par exemple l’utilisation des mâchefers du Spernot pour la voirie, choisis le contrôleur Sécurité, monte le dossier social. Pour faire ce travail, il faut savoir de quoi on parle.

Cette dernière année a été bien remplie. Mais j’aime ça. Dans une vie professionnelle, on n’a pas souvent l’occasion de « sortir de terre » un projet de 12 millions d’euros.